Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/136

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Alain s’en retourna avec sa boîte. Quand il arriva dans la cour du palais paternel, il remarqua ses deux frères aux fenêtres, tout joyeux et contents d’eux-mêmes. Ils étaient revenus avec leurs chevaux chargés de belles pièces de toile.

— Voici Alain qui arrive aussi ! s’écrièrent-ils ; il revient sans la moindre pièce de toile, aussi laid et misérable qu’il est parti, et n’ayant même pas perdu sa bosse en route !...

Les deux frères aînés étalèrent alors leurs toiles sous les yeux de leur père. Elles étaient fort belles et de grand prix.

— Et toi, Alain, tu refuses donc de concourir, puisque tu n’apportes rien ? lui dit le roi.

Alain tira alors sa boîte de sa poche et la présenta à son père, en lui disant :

— Prenez cette boîte, mon père, et ouvrez-la. Le vieux roi prit la boîte, l’ouvrit, et aussitôt il en sortit un bout de toile blanche, douce au toucher, moelleuse et luisante comme la soie. Et il en sortit ainsi, pendant une heure au moins, si bien que la boîte paraissait inépuisable.

— C’est Alain qui l’emporte ! dit alors le roi ; à lui ma couronne.

— Il y a de la sorcellerie là-dessous, s’écrièrent les deux aînés, fort mécontents, et il faut faire trois épreuves.