Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/141

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avait à la main, et elle se métamorphosa aussitôt en un beau carrosse doré et attelé de six chevaux superbes. Alain, lui-même, vit disparaître subitement sa bosse, au toucher de la baguette, et se trouva être un très-beau jeune homme, avec de magnifiques habits de prince et assis dans le carrosse, à côté de la moins belle des deux princesses. L’autre, la plus belle, était assise sur le siège du cocher, tenant les rênes et dirigeant le char. Ils se rendirent dans cet accoutrement au palais du roi. Les deux aînés y étaient déjà arrivés, et ils attendaient le bossu, aux fenêtres, ayant chacun à côté de soi une belle princesse, dont il était tout fier.

Quand Alain entra dans la cour, avec son carrosse tout resplendissant de lumière et ses deux compagnes, ce fut comme si le soleil venait lui-même d’y faire irruption, sur son char. Les deux frères aînés et leurs princesses, éblouis de tant de lumière et de beauté, et crevant de dépit de voir dans quel attirail revenait leur cadet, se cachèrent les yeux avec leurs mains. Le vieux roi, souffrant et morose auparavant, se sentit tout ragaillardi, et descendit lestement dans la cour, pour recevoir Alain et sa société.

— A toi ma couronne et mon royaume, mon fils Alain ! s’écria-t-il.

Puis, il présenta la main aux princesses, pour