Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/149

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boîte puisse contenir une pièce de toile propre à me faire gagner ?

Le prince partit en emportant la boîte, mais, peu rassuré.

Quand il arriva au palais de son père, il vit, en entrant dans la cour, plusieurs mulets chargés de ballots contenant les toiles que ses frères rapportaient de différents pays lointains.

On présenta les toiles au roi. Il les examina minutieusement et vanta fort la beauté, la finesse et le moelleux de certaines d’entre elles.

— Et toi, mon jeune fils, qu’apportes-tu ? de-manda-t-il au cadet, quand son tour fut venu.

Celui-ci, pour toute réponse, présenta sa boîte en disant :

— Ouvrez-la, mon père.

Ses deux frères partirent d’un grand éclat de rire. Mais, le roi ouvrit la boîte, et aussitôt il s’en élança un bout de toile fine et luisante comme de la soie ; les toiles des deux autres étaient comme un grossier tissu de chanvre, comparées à celle-là ; et ce qu’il y avait de plus merveilleux, c’est qu’elle paraissait inépuisable, car on avait beau en tirer de la boîte, on n’en trouvait pas la fin.

Les deux princes aînés ne riaient plus.

— C’est à mon fils cadet que sera ma couronne, dit le vieux roi, émerveillé.