Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/159

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plaisir indicible à les voir et à les admirer. Arrive devant Ervoan, il le reconnut, à son costume, pour un Bas-Breton et lui dit :

— Comment, de la Basse-Bretagne aussi ! Voyons tes pommes.

Il souleva la serviette blanche qui recouvrait les pommes, et aussitôt douze couleuvres s’élancèrent du panier, en sifflant. Le pauvre garçon fut chassé par les valets, à coups de pied, et jeté en prison.

Il y avait trois mois qu’il était parti de la maison, et, comme il ne revenait pas et ne donnait pas de ses nouvelles, le vieux Dagorn était très inquiet. Son fils puîné, nommé Hervé, demanda à aller à la recherche de son aîné, avec l’intention de concourir aussi pour le prix des belles pommes.

Il part avec une douzaine de pommes, dans un panier, et deux pièces de six livres dans sa poche, comme Ervoan.

Il arrive à la fontaine où s’était arrêté son frère, au bord de la route, et s’y arrête aussi, pour se désaltérer et manger un morceau de pain. Une vieille femme, — la même sans doute, — vient aussi lui demander un morceau, pour l’amour de Dieu, et il lui dit durement :

— Allez-vous-en, vieille sorcière, je n’ai rien pour vous !