Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/169

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— Parlez, princesse.

— Voici un sac, que je vous demande de remplir de vérités.

Et elle lui présenta un grand sac.

— Rien de plus facile, princesse, répondit-il, sans embarras, et je vais vous satisfaire, à l’instant même.

Et, se tournant vers la femme de chambre, qui était venue la première lui acheter un écureuil :

— N’est-il pas vrai. Mademoiselle, qu’étant venue me voir au bois, où j’étais avec mes écureuils, vous m’avez donné deux cents écus et un baiser, en échange d’un écureuil, que je vous ai livré, mais, qui m’est revenu presque aussitôt ?

La fille rougit et détourna la tête en disant :

— Taisez-vous, démon !...

— Dites-moi oui ou non ; c’est une vérité ou un mensonge.

— Je ne le puis nier, mais...

— Cela suffit : entrez dans mon sac. Et d’une ! Puis, se tournant vers la princesse, qui déjà ne

se trouvait pas à son aise :

— Et vous, princesse, ne vous rappelez-vous pas aussi...

— Assez ! pas un mot de plus ! interrompit vivement la princesse ; je consens à vous épouser...

— A quand les noces, alors ?