Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/168

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partit, pour retourner à la maison. Il souffrait beaucoup et avait de la peine à se tenir en selle. Comme il passait dans une lande, où l'on avait nouvellement coupé de l'ajonc, un coup de sifflet se fit entendre, et aussitôt l'écureuil fit sauter le chapeau du prince, lui égratigna la figure et retourna au bois. Le prince tomba de cheval, et si malheureusement, qu'une tige d'ajonc, aiguë et longue, lui entra fort avant dans le derrière, et, ne pouvant se dégager, il lui fallut rester là, à moitié empalé.

Au coucher du soleil, le Bossu rentra, comme d'ordinaire, avec ses écureuils.

— Et le Prince-Bleu, où est-il ? lui demanda la princesse, inquiète.

— Je n'en sais rien, princesse, répondit-il, je n'ai vu aucun prince aujourd'hui.

— Hélas ! dit-elle à son entourage, je vois clairement que nous ne pouvons rien contre cet homme, qui, certainement, est magicien ou sorcier.

— A quand la noce, princesse ? lui demanda Tugdual ; j'ai rempli toutes les conditions exigées, et je vous ai gagnée, deux fois, au lieu d'une.

— J'ai encore une chose à vous demander, une seule, et si vous la faites, je n'aurai plus aucune objection à vous opposer, et notre mariage aura lieu, quand vous voudrez.