Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/172

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Voilà trois perdrix, que vous garderez, sur la grande lande, et me ramènerez, ce soir, au coucher du soleil, sinon vous serez écorché vif et votre peau sera suspendue à un clou au mur, comme vous en voyez tant d’autres là.

Et il lui montra de la main plus de cent peaux humaines, suspendues aux murs, tout autour de la cour.

Fanch partit avec ses perdrix et les lâcha sur la lande. Elles prirent aussitôt leur vol et disparurent.

— Comment ferai-je pour les rattraper et les ramener à la maison ? se demanda-t-il, en les voyant partir ; mon affaire est claire, et je ferais sans doute bien de déguerpir. Et pourtant, ces perdrix doivent être dressées à revenir, chaque soir, au château, puisqu’on me les donne à garder, comme des moutons ; attendons pour voir, je serai toujours à temps pour partir, si je ne les vois pas revenir, au coucher du soleil.

A midi, une servante vint lui apporter son dîner.

— Où sont tes perdrix ? lui demanda-t-elle.

— Je ne sais pas ; elles se sont envolées, quand je les ai tirées de la cage, et depuis, je ne les ai pas revues.

— Hélas ! mon pauvre garçon, ton affaire me paraît claire, et je crains bien que ta peau n’aille