Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/18

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Ils débarquent dans une île déserte, au loin, bien loin. Ils se construisent une petite maison et sèment du blé.

La princesse donna le jour à un fils, un enfant superbe, qu’ils nommèrent Mabic.

Le père allait chasser ou pêcher, presque tous les jours. L’enfant venait à merveille. Il avait déjà quinze ou seize ans, lorsque son père, étant allé un jour chasser, dans une île voisine, vit venir à lui un petit cheval noir, sellé, bridé, et qui semblait l’inviter à monter sur son dos. Il monte dessus, et aussitôt le cheval part au galop et le conduit à un château, qui était non loin de là. Ce château était habité par un géant magicien.

— Ah ! te voilà donc, fils du roi de France ! lui dit le monstre, en le voyant.

— Je ne suis pas venu de moi-même, c’est le cheval qui m’a amené, répondit le prince.

— C’est très bien, et tu es de bonne prise.

Et le géant le précipita dans un étang glacé, qui se trouvait là. Sa tête fit un trou dans la glace, et, ne pouvant se dégager, il fut vite noyé.

Son fils vint le chercher, dans la même île. Il rencontra le même petit cheval noir, bridé, sellé, monta sur son dos, et fut aussi conduit au château du géant. Il vit, en arrivant, le corps de son père, dans l’étang et s’écria :

— Mon Dieu, voilà mon père !