Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/189

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tel, et il reconnaît ses deux frères et se réjouit de voir qu’ils sont encore en vie. Ils lui enlèvent son argent, puis le renvoient.

Le pauvre Luduenn continue sa route, le cœur gros d’être ainsi traité par ses frères.

Grâce à son dromadaire, il fait beaucoup de chemin, en peu de temps.

La nuit le surprend dans un grand bois. Il fait sombre et il entend de tous côtés les cris des bêtes fauves. Il monte sur un arbre et aperçoit une petite lumière, au loin. Il descend, se dirige vers cette lumière, et arrive à une pauvre hutte de branchages et d’herbes sèches. Il y trouve une petite vieille et lui demande à loger pour la nuit.

— Je ne puis vous loger, mon enfant, lui répond-elle, je n’ai pas de lit à vous donner.

— Je coucherai sur la pierre du foyer, grand’-mère.

— Eh bien, entrez alors, car j’ai pitié de votre situation.

Luduenn attacha son dromadaire à un poteau et entra.

— Comme ça sent mauvais ici ! dit-il, en portant la main à son nez.

— Oui, c’est mon pauvre mari, mort depuis huit jours, et dont le corps est encore là, qui en est cause.

— Pourquoi ne le faites-vous pas enterrer ?