Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/190

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— Hélas ! mon enfant, je n’ai pas d’argent, et notre recteur ne fait rien que pour de l’argent.

— Combien demande-t-il ?

— Un écu, et je n’en ai pas le premier sou.

— Je ne suis pas riche, mais, demain matin je ferai enterrer votre mari, grand’mère

Le lendemain matin, il alla trouver le recteur et lui dit :

— Voici l’écu que vous demandez pour enterrer le mari de la pauvre vieille femme du bois; et enterrez-le tout de suite.

Le cadavre fut enterré, et Luduenn et la vieille formaient seuls le convoi.

Luduenn se remit aussitôt en route, à la grâce de Dieu. En traversant une grande plaine aride Il remarqua qu’il était suivi d’assez près par un renard blanc.

— Pourquoi donc cet animal me suit-il ainsi ? se demanda-t-il.

A l’extrémité de la plaine, le renard lui parla de la sorte, à son grand étonnement :

— Vous cherchez l’oiseau Drédaine ?

— Oui, vraiment, chère bête du bon Dieu-est-ce que vous pourriez m’en donner des nouvelles ?

— Oui : vous n’en êtes plus loin ; voyez-vous ce château, là-haut, sur la montagne ? C’est là qu’il se trouve, et voici comment vous devez