Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/198

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sent, sans difficulté. Tu rencontreras, à peu de distance d’ici, un vieux mendiant à qui tu donneras tout ce que tu as d’argent sur toi. Tu échangeras aussi tes habits contre les siens et te présenteras ainsi chez ton père, où tu demanderas un emploi quelconque, le plus humble possible. Ne t’inquiète pas du reste, tout ira bien, et les méchants seront traités comme ils le méritent. Te souviens-tu d’avoir logé, une nuit, dans la misérable hutte d’une pauvre femme où pourrissait le corps de son mari défunt, parce qu’elle n’avait pas d’argent pour le faire enterrer, et d’avoir payé les frais de sépulture ?

— Oui, je me le rappelle fort bien.

— Eh bien ! je suis l’âme de ce pauvre homme à qui tu as fait rendre les derniers devoirs, de tes propres deniers, et je suis venu, sous cette forme, te payer ma dette de reconnaissance. A présent, je te dis adieu, car tu ne me reverras plus, dans ce monde.

Et le Renard disparut alors.

Luduenn continua sa route et rencontra bientôt le vieux mendiant qu’on lui avait annoncé. Il lui donna tout son argent, et échangea ses habits contre ses guenilles. Il marche et marche, sans se décourager, et finit par arriver au palais de son père. Son frère aîné, qui était dans la cour, quand il y entra, dit : — Qu’on l’envoie garder les