Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/215

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sont bien tirés d’affaire, l’un, avec son Chat, l’autre, avec son Coq. Voyons, à présent, ce qu’est devenu le troisième, Guyon, l'homme à l’Échelle.

Après avoir marché longtemps, allant toujours droit devant lui, et portant son Échelle sur l’épaule, étant arrivé bien loin de son pays, il se trouva un jour devant un beau château, environné de tous côtés de hautes murailles et de ronces et d’épines. A la fenêtre d’une tour, il remarqua une jeune dame, d’une beauté remarquable. Il s’arrêta à la regarder ; elle lui sourit et ils entrèrent bientôt en conversation. La dame lui apprit que son mari, le maître du château, était absent. C’était un vilain jaloux, qui la tenait captive, dans cette tour, avec une servante pour toute société, et ne lui permettait de recevoir personne. Elle s’ennuyait beaucoup, dans sa tour, et aurait bien voulu en sortir ; mais, le maître avait emporté les clefs et, jusqu’à son retour, il fallait rester sous le verrou. Il devait arriver, le lendemain matin.

— Je saurai bien aller jusqu’à vous, sans clefs, si vous le permettez, dit Guyon.

— Comment cela, à moins de vous changer en oiseau ? Dans ce château, il n’entre jamais d’autre homme que mon mari, et si quelqu’un parvenait à y entrer, du reste, il n’en sortirait pas en vie.