Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/216

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— Nous verrons bien cela, dit Guyon.

Et il appliqua son Échelle contre la tour. Hélas ! elle était trop courte. Mais, la dame et sa servante lui tendirent des rideaux, et il put ainsi arriver jusqu’à elles, à leur grande joie. Il y passa toute la nuit. Le lendemain matin, il partit, de bonne heure, par le même chemin par où il était venu. Comme il avait bien diverti la jeune dame et sa servante, à qui jamais pareille bonne fortune n’était arrivée, elles lui remplirent les poches d’or, de joyaux et de diamants, avant son départ.

Comme Guyon s’en allait tranquillement, emportant son Échelle sur l’épaule, il rencontra le seigneur, qui rentrait et qui lui dit, en passant :

— Vous paraissez bien chargé et bien fatigué, mon brave homme.

— Un peu, répondit-il ; et ils continuèrent leur route, chacun de son côté.

Dès que le seigneur fut rentré au château, sa femme, qui ne savait rien, et qui n’avait jamais vu de près d’autre homme que son mari, s’empressa de lui raconter tout. Et voilà le seigneur furieux.

— Comment a-t-il pu pénétrer dans la tour ?

— Avec un instrument qu’il appelle une Échelle.

— Et il a passé toute la nuit ici avec vous ?