Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/23

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aucun de ceux-là, mais bien un vieux sabre rouille, que vous verrez pendu à un clou au mur. Et faites-y bien attention, car de là dépend le succès.

La porte s’ouvrit en ce moment et le Diable lui-même vint le recevoir et lui dit :

— Soyez le bienvenu, petit-fils du roi de France ! Vous arrivez fort à propos, car j’ai besoin d’un valet d’écurie. Venez que je vous montre mes chevaux.

Et il le conduisit à l’écurie et lui fit voir ses chevaux.

— Voici, dit-il, un cheval dont vous aurez grand soin : quant aux autres, traitez-les comme vous voudrez, et quand vous ne leur donneriez, pour toute nourriture, que des fagots d’épine ou des pierres, peu m’importe.

Et, lui présentant un grand trousseau de clefs :

— Voici les clefs de toutes les chambres et salles du château. Je dois partir, demain matin, pour un voyage qui durera six mois (à moins de quelque événement imprévu), et, pendant mon absence, vous pourrez pénétrer partout. Je ne vous interdis qu’un seul endroit, c’est le cabinet qu’ouvre la petite clef que voici (et il la lui montra) ; gardez-vous bien de l’ouvrir, ou malheur à vous !