Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/24

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— C’est bien, dit Mabic, je ferai en sorte de vous contenter.

Le maître du château partit le lendemain, de bonne heure.

Mabic s’occupe de ses chevaux, puis il va se promener dans les jardins et visiter les salles et les chambres du château, qui étaient toutes plus belles les unes que les autres. C’était partout de riches tissus et des parures de toute sorte, et des monceaux d’argent, d’or et de pierres précieuses.

Il en restait ébahi.

Le cabinet défendu l’intriguait singulièrement.

— Que peut-il donc y avoir là-dedans ? se demandait-il.

Enfin, au bout de trois jours, n’y pouvant plus tenir, il l’ouvrit. Et que vit-il ? Une pauvre jument, d’une maigreur effrayante, se soutenant à peine sur ses jambes, et qui lui parla de la sorte :

— Voici dix-huit ans que je suis ici, dans l’état où vous me voyez. Je ne reçois de nourriture que tout juste pour ne pas mourir et souvent je suis battue. Je suis la fille du roi d’Espagne, métamorphosée sous cette forme par le magicien qui habite ce château. Montez dans son cabinet, lisez le petit livre rouge qui contient tous ses secrets, et vous pourrez me faire revenir à ma forme première et me délivrer.