Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/230

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sibles, et il était si amoureux de la princesse, qu’il ne songeait plus ni au remède ni au retour. Au bout de huit jours, il dit pourtant à la princesse :

— Si vous vouliez me donner le remède, à présent, princesse, je le porterais à mon père, qui l’attend avec impatience, et si vous ne voulez pas venir avec moi, je retournerai auprès de vous, dès que je le pourrai.

— Je n’irai pas avec vous dans votre pays, à présent, répondit la princesse, mais, je vous donnerai le remède ; allez vite le porter à votre père, et, au bout d’un an et un jour, vous me verrez arriver aussi et nous serons mariés et je resterai avec vous, dans votre pays. Vos deux frères aînés ne sont pas encore de retour à la maison ; vous les rencontrerez, sur votre route, dans une ville où ils mènent une vie désordonnée et ne songent plus à leur père. Quand vous arriverez dans cette ville, vous les verrez qui marchent à la potence, la corde au cou, car ils ont été condamnés à mort, à cause de leurs dettes et de leur conduite. Voici une épée enchantée (et elle lui présenta une épée) et quand vous en lèverez la pointe en l’air en criant : Qui vive ? tous ceux qui la verront tomberont aussitôt à terre, sans vie. Vous délivrerez vos frères, avec cette épée, mais, pendant que vous voyagerez avec eux, pour retourner à la maison,