Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/237

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— Je vous suis très obligé, princesse, dit le roi en saluant profondément, et grande est ma reconnaissance pour le précieux service que vous m’avez rendu. Tout ce que je possède est à votre disposition, et je suis très honoré que vous consentiez à épouser un de mes fils, deux princes remarquables par la beauté, l’esprit, le courage et mainte autre qualité.

— Mais, n’avez-vous pas trois fils, sire ?

— Non, princesse, je n’en ai que deux.

— Dites-moi bien la vérité, je vous prie.

— J’ai trois fils, si vous voulez, car vous devez tout connaître ; mais, un d’eux ne compte pas ; c’est un pauvre enfant laid, contrefait, peu intelligent, et je n’oserais le présenter à une princesse aussi belle et spirituelle que vous l’êtes.

— Je veux les voir tous les trois, sire, et voici comment je désire que vous me les présentiez : faites préparer un grand repas et invitez-y toute la cour, les principales autorités du royaume et aussi quelques personnes du peuple. Vos trois fils y seront aussi, bien entendu, et vous me les présenterez, à la fin du festin, devant tous les convives, et je ferai alors mon choix.

On prépara donc un festin magnifique, et des invitations nombreuses furent envoyées dans tous les rangs de la société. Les deux princes aînés furent placés à table vis-à-vis de la princesse, tout