Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/242

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Eh bien, mes pauvres enfants, allez alors, à la grâce de Dieu. Voici six réales (trente sous) pour chacun de vous ; c’est tout mon trésor.

Les trois frères firent leurs adieux à leur mère et partirent ensemble.

Après avoir marché pendant trois jours, ils arrivèrent, vers le soir, sous les murs d’un château, au milieu d’un grand bois. Ils frappèrent à la porte. Elle s’ouvrit.

— Que cherchez-vous, mes enfants ? leur demanda le portier.

— Nous voudrions loger, pour la nuit seulement.

— Hélas ! mes pauvres enfants, vous ne pouviez tomber plus mal. Ce château est habité par trois géants et six géantes, dont trois vieilles et trois jeunes, leurs filles, et tout chrétien qui entre ici est dévoré par eux.

— Allons-nous-en, bien vite ! dirent les deux aînés.

— Ma foi ! répondit Bihanic, si nous devons être mangés, peu importe que ce soit par des géants ou des loups ; le bois est rempli de bêtes féroces, et nous n’en sortirons pas vivants, si nous y passons la nuit ; entrons donc, et nous verrons ensuite.

Ils entrèrent. En arrivant dans la cuisine, ils y virent un homme qui rôtissait à la broche, et une vieille géante qui était là leur dit :