Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/243

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— Soyez les bienvenus, mes enfants ! Approchez-vous du feu, vous avez l’air d’avoir froid.

Les deux aînés se mouraient de peur, et voulaient s’en aller. Bihanic alla s’asseoir sur un escabeau, au coin du foyer, et ils firent comme lui. Quand le souper fut prêt, les autres géants et géantes arrivèrent, regardèrent les enfants avec des yeux de convoitise et en se disant tout bas :

— Voilà un bon déjeûner pour demain matin ! Puis, ils s’assirent à table et invitèrent les trois frères à y prendre place aussi. Le plus âgé des géants découpa l’homme rôti et donna sa part à chacun. Les géants et les géantes mangèrent avec gloutonnerie et se léchaient les doigts et les babines en regardant les enfants, avec des yeux qui les faisaient trembler.

Bihanic faisait bonne contenance et feignait de manger, mais, ses deux frères étaient d’une pâleur mortelle et pleuraient.

— Tu m’as l’air d’un gaillard, toi, dit le vieux géant à Bihanic ; j’aime ton air décidé ; veux-tu rester ici avec nous ?

— Je le veux bien, répondit l’enfant.

— Eh bien, viens que je te fasse voir mon château, avec toutes les belles choses qui y sont. Voilà d’abord un Perroquet (et il lui montrait un beau Perroquet, sur son perchoir), qui n’a pas