Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/256

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


sur la tête de la géante et la fendit en deux. Elle tomba morte à ses pieds. Il courut alors au Perroquet, le mit dans son sac et partit.

Quand le géant revint à la cuisine, pour voir si le rôti était cuit à point, et qu’il vit sa femme morte et baignant dans son sang et le Perroquet disparu, il se mit à beugler et à hurler comme une bête fauve. Les autres géants et les géantes accoururent, et ce fut alors un bruit et un vacarme infernal.

Quand Bihanic arriva à Paris, avec le Perroquet, le roi en fut si content, qu’il lui sauta au cou pour l’embrasser et lui dit :

— Vous n’avez pas votre pareil au monde, Bihanic, et je suis heureux de vous donner la main de ma fille et de vous avoir pour gendre. Pourtant, avant de célébrer le mariage, je voudrais voir les géants et les géantes morts, car je ne vivrai pas tranquille, pendant qu’ils seront en vie ; je crains leur vengeance.

— S’il ne vous faut que cela, sire, répondit Bihanic, vous serez satisfait. Faites-moi faire un carrosse tout en fer, très solide, et dont les portières se refermeront d’elles-mêmes sur quiconque y entrera, sans qu’il puisse les ouvrir, quelle que soit sa force ; donnez-moi ensuite six bons chevaux pour y atteler, et je me charge du reste.

Le roi lui promit ce qu’il demandait.