Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/295

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— Viens la prendre, si tu veux l’avoir.

Et le serpent avança ses sept têtes hors de son antre, et se mit à lancer du feu. Mais, l’armure de Robardic le protégeait contre le feu, et protégeait aussi la jeune fille, qui s’abritait de son mieux derrière lui. Avec son épée, trempée dans du sang d’aspic, il frappait, comme un enragé, sur le monstre, qui, à chaque coup, poussait un cri épouvantable. Il fit tant et si bien, qu’il coupa six têtes au serpent, qui jamais n’avait été si malmené.

— Quartier, jusqu’à demain ! cria-t-il alors.

— Je le veux bien, répondit Robardic, qui, lui-même, n’était pas fâché de pouvoir se reposer.

Le serpent rentra dans son antre, et Robardic et la jeune fille partirent. Arrivés à la lisière de la forêt, celle-ci y retrouva son cheval ; quant à ses parents, ils étaient tous partis, n’ayant plus aucun espoir de la voir revenir.

— Montez sur votre cheval, lui dit Robardic, et retournez chez vous.

— Venez avec moi, je vous prie, pour que je vous présente à mon père.

— Non, je ne le puis pas, quant à présent ; mais, ayez bon espoir ; demain, vous me trouverez encore ici.

— Dites-moi, au moins, votre nom.