Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/300

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jeta au cou de son sauveur et, l’embrassant tendrement, elle lui dit :

— Vous m’avez sauvé la vie ! A présent, du moins, consentirez-vous à me dire votre nom et à venir avec moi chez mon père ?

— Pas encore, mais, sans tarder, vous connaîtrez la vérité,

La demoiselle retrouva, comme la veille, ses parents et ses amis, qui l’attendaient à la lisière du bois, et, en la voyant revenir, ils poussèrent des cris de joie. Toutes les cloches de la ville voisine se mirent aussitôt en branle, et ils s’en retournèrent au château, en chantant et en dansant, et on fit un festin magnifique.

Cependant, Robardic, après avoir reconduit le cheval et le chien et déposé l’épée et l’armure couleur du soleil, dans la troisième écurie du château du vieux sanglier, revint, selon son habitude, au coucher du soleil, poussant tranquillement devant lui ses bœufs et ses vaches. En voyant cette allégresse et ce bonheur succédant subitement à la tristesse et à la douleur, il feignit d’en être étonné, et en demanda la cause.

— Comment, lui répondit-on, vous ne savez donc pas la grande nouvelle ?

— Quelle nouvelle ?

— Notre jeune maîtresse est sauvée ! Le serpent est vaincu et mort !