Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/309

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sence et lui dit qu’il lui fallait épouser la fille d’honneur ou quitter la cour. Il eut beau protester de son innocence, on ne le crut pas. Il avoua alors au roi qu’il était non le fils, mais une des trois filles du seigneur de Keranrais, la plus jeune. Le roi fit vérifier le fait par son médecin, et celui-ci lui assura qu’elle avait dit la vérité.

La fille d’honneur fut écartelée entre quatre chevaux, et Aliette passa alors au service du roi et l’accompagna partout, toujours comme page ; car, seuls, le médecin et lui connaissaient la vérité à son sujet. Le vieux monarque ne tarda pas à devenir aussi amoureux de son beau page ; bien mieux, il l’épousa, et il y eut, à cette occasion, de grands festins et de belles fêtes.

Au bout de neuf mois, la reine eut un fils, un enfant superbe.

Des gens de la cour, en chassant, dans un bois voisin du palais du roi, y virent un jour un animal extraordinaire et comme ils n’en avaient jamais vu jusqu’alors. Ils s’en revinrent tout effrayés le dire au roi. Celui-ci envoya son devin avec une centaine de soldats pour observer l’animal. Le devin, de retour du bois, dit au roi :

— Sire, c’est un Murlu, un animal des plus redoutables.

— Il faut faire en sorte de le prendre, dit le