Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/312

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— C’est moi ! dit le jeune prince.

— Ah ! malheureux ! Pourquoi as-tu fait cela ? J’ai juré de faire mourir celui qui mettrait le Murlu en liberté, quel qu’il fût, et je ne puis manquer à ma parole.

Et le vieux roi était furieux et désolé, à la fois.

— Fuis, mon fils, fuis vite, dit la mère au jeune prince.

Le jeune homme descendit les escaliers, quatre à quatre, traversa lestement la cour et le voilà dans le bois. Il y rencontra le Murlu, qui lui demanda :

— Où vas-tu, mon garçon ?

— Je n’en sais rien ; mais, mon père est furieux de ce que je vous ai mis en liberté, et, si je n’avais pris la fuite, il m’aurait tué.

— Eh bien ! monte sur mon dos, et je vais te porter là où ton père ne te retrouvera pas.

Il monta sur le dos du Murlu, et celui-ci le porta au loin, bien loin, et le déposa à la porte d’un beau palais, en lui disant :

— Voilà le palais du roi de Naples. Va frapper à la porte et demande à être reçu comme valet, garçon d’écurie ou même porcher. Du reste, ne m’oublie pas, et quand tu te trouveras dans quelque danger, appelle-moi à ton secours, et j’arriverai aussitôt.

On le prit pour garder les pourceaux, et on lui