Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/313

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


promit pour gages un écu pour chaque petit cochon qui naîtrait.

Le lendemain matin, on lui confia deux cents verrats et cent truies, pour les aller garder tout le jour sur une grande lande, près d’un grand bois.

— Ne les laissez pas entrer dans le bois et ramenez-les à l’étable, au coucher du soleil, lui dit-on, pour toute recommandation.

Le Murlu vint lui tenir compagnie, durant la journée. Un peu avant le coucher du soleil, il rassembla son troupeau grognant, et s’aperçut qu’il avait sensiblement augmenté en nombre. En effet, chaque truie avait eu dix petits cochons.

— Voici qui va bien, pour commencer, se dit-il, si l’on me paye comme on me l’a promis.

Il ramena ses bêtes à l’étable : le portier les compta, lui remit un écu par tête d’augmentation, et lui dit :

— Demain, vous irez garder les moutons ; vous aurez encore un écu par tête d’augmentation ; mais aussi, s’il vous en manque une seule, vous serez pendu.

— Ceci commence à devenir peu gai, se dit-il. Il n’en dormit pas, de toute la nuit.

Le lendemain matin, on lui confia cent béliers et deux cents brebis, et il les mena sur la même lande où il avait mené les pourceaux, la veille.