Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/315

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tête d’augmentation, et qu’il serait pendu, s’il en manquait une seule.

Il se rendit avec son troupeau cornu et beuglant sur la même lande que les jours précédents. Le Murlu vint encore lui dire de laisser aller, sans crainte, ses bêtes dans le bois, où l’herbe était abondante et fraîche. Il ajouta :

— Il te faudra, aujourd’hui, combattre contre le géant.

— Moi, combattre contre le géant ! s’écria-t-il. Comment voulez-vous que je m’en tire ?

— Prends cette épée ; rends-toi avec elle auprès d’une fontaine qui est dans le bois. Le géant y viendra boire, et, te voyant là, il voudra t’exterminer, sur-le-champ. Mais défends-toi avec ton épée et n’aie pas peur, car moi-même je ne serai pas loin de là, et si tu as besoin de secours, tu en trouveras.

Le prince se rend à la fontaine, pas trop rassuré, malgré les paroles du Murlu ; il s’assoit sur une pierre, près de l’eau, et attend. Le géant ne tarde pas à venir.

— Ah ! te voilà, s’écrie-t-il, fils du roi de France, qui es devenu gardeur de vaches, de moutons et de cochons ! Tes bêtes viennent paître sur mes terres, et elles m’appartiennent, par cela même.

— Il faudra les gagner, à la pointe de l’épée, répond le prince.