Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/332

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— Il a dit qu’il était capable de prendre la Licorne et de l’amener ici, comme il l’a fait du sanglier.

— Il n’est pas possible qu’il ait dit cela, à moins d’avoir complètement perdu la tète. Songez donc que la Licorne traverse de sa corne unique neuf grands troncs de chênes de rang, et qu’elle m’a détruit des armées entières envoyées pour s’emparer d’elle.

— Il l’a dit, je vous l’affirme. Depuis qu’il a pris le sanglier de la forêt, cet homme ne doute de rien, et se croit capable de tout. Vous lui diriez d’aller vous chercher la lune, qu’il ne dirait pas non.

— Eh bien ! faites-lui dire de venir me parler ; s’il l’a dit, il faut qu’il le fasse ; il me rendra un fier service, s’il peut me débarrasser de la Licorne.

Et l’on prévint le capitaine que le roi voulait lui parler.

— Comment, capitaine Lixur, lui dit le vieux monarque, vous avez dit que vous étiez capable de prendre la Licorne et de me l’amener, comme vous l’avez fait du sanglier ?

— Sire, je n’ai jamais dit rien de semblable, et ceux qui prétendent le contraire ne me veulent que du mal.

— Vous l’avez dit, capitaine Lixur, je le sais