Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/343

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de la mer. La mer était mauvaise, et l’on voyait du rivage un navire qui naufrageait. Tout l’équipage était sur le pont, en prière, et élevant les yeux et les mains vers le ciel. C’était un spectacle navrant. Le Satyre se mit encore à rire.

— Qu’est-ce donc que cet animal, se dit le capitaine Lixur, qui rit, quand il voit le mal, et qui pleure, quand il voit le bien ? Ne serait-ce pas le Diable ?

Ils continuèrent leur route, tranquillement.

La nouvelle arriva avant eux dans la ville que le capitaine Lixur revenait avec le Satyre captif, et une foule immense sortit à leur rencontre, et l’on se disait partout avec des transports de joie :

— Le capitaine Lixur a pris le Satyre ! quel homme, que ce capitaine Lixur !...

Le roi lui-même alla le recevoir, aux portes de la ville, avec toute la cour et la garnison, musique et bannières en tête.

En voyant l’animal suivre paisiblement le capitaine Lixur, qui le tenait par un simple licol de chanvre, chacun s’étonnait et disait :

— Comment, c’est là ce monstre si terrible, qui a donné la mort à tant de héros et dispersé de si vaillantes armées ! On dirait un jeune poulain, paisible et doux comme un agneau !

Quand le Satyre entra dans la cour du palais