Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/346

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— Je riais de voir le véritable père, le sacristain, qui chantait, devant, pendant que le père nourricier pleurait, derrière.

Et tout le monde de rire.

— Et plus loin. Satyre, demanda encore le capitaine Lixur, lorsqu’en passant par une petite ville, nous vîmes conduire au gibet un grand criminel, pourquoi donc pleuriez-vous, alors que tout le monde était content ?

— C’est que cet homme, qui avait commis tous les crimes et fait tout le mal possible, n’en avait aucun repentir et ne voulait pas écouter le prêtre qui l’exhortait à bien mourir, et je voyais à côté de lui un diable prêt à emporter son âme.

— Effrayant ! murmura la foule.

— Et plus loin encore, reprit le capitaine Lixur, comme en passant près de la mer, nous aperçûmes un navire qui naufrageait sur un écueil et tout l’équipage à genoux sur le pont priant et levant les mains et les yeux vers le ciel, pourquoi avez-vous ri à un spectacle si navrant ?

— C’est qu’au-dessus de chaque naufragé, je voyais un ange prêt à emporter son âme au ciel.

— Qu’est-ce donc que ce Satyre ? se demandait la foule, de plus en plus intriguée, et admirant la sagesse de ses réponses.

— Enfin, demanda encore le capitaine Lixur, quand nous sommes entrés dans cette cour,