Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/35

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longue avenue de chênes, au bout de laquelle il vit un beau château tout resplendissant de lumière, comme s’il était d’or massif, frappé par les rayons du soleil couchant. Il lui prit fantaisie de visiter ce château. Mais, il était entouré de hautes murailles et il avait beau en faire le tour, il ne trouvait aucune porte. Que faire ? Comme il réfléchissait au moyen de franchir les murs, à défaut de porte, il aperçut une petite loge, comme celle d’un portier, près d’une belle barrière aux poteaux de cristal. Il entra dans la loge et y vit un vieillard à longue barbe blanche.

— Que demandez-vous, jeune homme ? lui dit le vieillard.

— Je voudrais visiter le château, répondit Calaman.

— Gardez-vous-en bien, mon enfant, car il y a là un magicien, qui vous dévorerait. J’ai vu entrer dans ce château bien des gens, jeunes, beaux et vigoureux, comme vous, mais, je n’en ai jamais vu sortir un seul.

— Mourir là, dévoré par le magicien, ou mourir ailleurs, de faim, peu m’importe, après tout.

— Racontez-moi donc votre histoire, car vous avez bonne mine et je m’intéresse déjà à vous.

Et Calaman raconta au vieillard comment il était fils du roi de France, et que, s’étant mis à