Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/363

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Les princesses n’osaient rentrer avec le jeune pâtre. Elles le déposèrent dans le jardin, qui était sous le château, et le recommandèrent au jardinier. Elles rentrèrent, un peu plus tard que d’ordinaire, et leur père les gronda et leur défendit de retourner, pendant quelques jours, à l’étang, si bien qu’elles s’ennuyaient fort, dans leurs chambres. Elles ne faisaient que rêver de Pipi, qui était joli garçon, et celui-ci, de son côté, était aussi tout préoccupé d’elles, surtout de celle qui l’avait porté sur son dos, si bien que, des deux côtés, ils songeaient aux moyens de se rejoindre. Tous les soirs, la mère des princesses descendait, au bout d’une corde, un grand panier, dans le jardin, et le jardinier le remplissait de légumes et de fruits, pour la provision du lendemain, puis la vieille le remontait. Un soir. Pipi se plaça dans le panier, sous les choux, les carrottes et autres légumes. Quand la vieille tira à elle : — « Comme c’est lourd ! qu’avez-vous donc mis dans le panier ? » demanda-t-elle au jardinier, qui ne répondit pas, car il avait, pour cette fois, confié à Pipi le soin de la provision journalière.

Mais, la jeune princesse était à sa fenêtre, et elle avait reconnu Pipi, dans le panier. Elle s’empressa d’aller porter aide à sa mère et lui dit : « — Laissez-moi faire, ma mère, et ne vous donnez pas tant de mal, à votre âge ; je monterai désormais