Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/366

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Paris, pour passer quelque temps avec son oncle et son cousin.

Le prince Anglais, qui se nommait Henri, fut donc envoyé en France, avec son gouverneur.

Les deux jeunes princes furent bientôt grands amis et ne se quittaient jamais.

Un jour qu’ils chassaient ensemble, dans un grand bois, aux environs de Paris, accompagnés de deux valets seulement, Charles poursuivit avec tant d’ardeur un sanglier, que les trois autres le perdirent de vue et il s’égara. La nuit survint et il fut contraint, après avoir erré longtemps au hasard, de demander l’hospitalité dans une hôtellerie qu’il finit par rencontrer dans le bois. La nuit était fort avancée. Il avait grand appétit, et il mangea sans scrupule de ce qu’il y avait. Il y avait dans la maison un autre hôte, arrivé un peu avant lui, et ils mangèrent à la même table, et firent conversation ensemble, mais, sans se donner à connaître l’un à l’autre.

Le repas terminé, l’inconnu proposa une partie de cartes. Le prince accepta, et fut si malheureux, qu’il perdit jusqu’à son dernier sou, puis son cheval, qu’il joua aussi.

— Je ne jouerai plus, dit-il alors.

— Encore un coup, répondit l’autre.

— Je n’ai plus rien, que voulez-vous que je joue ?