Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/373

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A midi, Barbauvert dit à Koantic d’aller lui porter à dîner. Quand elle arriva dans le bois, elle le trouva qui pleurait toujours, assis au pied d’un arbre.

— Est-ce donc ainsi, lui demanda-t-elle, que vous compter mener à bonne fin votre tâche ?

— A quoi bon essayer ? répondit-il ; mieux vaut me faire mourir tout de suite que se moquer de moi de la sorte.

— Donnez-moi votre cognée, que je vous montre comment on abat des arbres.

Et elle prit la cognée de bois, en donna un coup sur le tronc de l’arbre le plus voisin, lequel tomba sur un autre, qui s’abattit sur un troisième, qui tomba également sur un quatrième, et ainsi de suite, jusqu’à ce que tout le bois fût à terre, et cela en moins d’une heure.

— Voilà le travail terminé, pour aujourd’hui, dit Koantic ; ayez confiance en moi, et ne vous découragez pas si facilement.

Puis, elle s’en alla.

Au coucher du soleil, Charles s’en retourna aussi au château, avec sa cognée de bois sur l’épaule, et en sifflant.

— Le travail est-il fait ? lui demanda Barbauvert, qui l’attendait sur le seuil de la porte.

— Le travail est fait, répondit-il tranquillement.