Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/381

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— N’a-t-on pas besoin de quelqu’un ici ? demanda-t-il au portier.

— Si, l’on a besoin d’un gardeur de pourceaux ; il en est parti un, hier.

Et le voilà gardeur de pourceaux, en attendant mieux.

Comme il était beau garçon, doux de caractère et obligeant, il plut à la cuisinière, qui le prit sous sa protection.

Un jour qu’il était avec ses pourceaux dans le bois qui environnait le palais, le roi vint s’y promener, et, l’entendant chanter une chanson de son pays, il s’approcha pour l’écouter. Il l’interrogea sur son pays, sa situation, et ses réponses et sa bonne mine lui ayant plu, il en fit son prince Gilot, ou valet de chambre. Il devint bientôt le favori du roi.

Au bout de quelque temps, il demanda à aller faire un tour dans son pays, pour voir sa sœur.

— Je veux bien, lui dit le roi, mais, ne restez pas plus de quinze jours, car j’ai besoin de vous.

Il part et emporte pour sa sœur tout ce qu’il avait d’argent, avec de beaux cadeaux et de belles parures.

— Tu resteras, à présent, toujours avec moi, mon frère chéri ? lui dit Yvonne, en l’embrassant.

Les quinze jours passèrent vite, et le moment