Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/382

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de la séparation vint encore. Yves emporta le portrait de sa sœur, sans qu’elle le sût. Yvonne était la plus jolie fille qu’il y eût, non seulement en Basse-Bretagne, mais dans tous les pays que le soleil éclaire.

Le roi accueillit bien Yves, et lui dit que son absence lui avait paru longue. Tous les jours, sa faveur et son influence augmentaient, à la cour. Dès qu’il avait un moment à lui, il se retirait dans sa chambre, pour regarder le portrait de sa sœur, et il l’embrassait et lui parlait, comme si elle était présente en réalité. Un jour, le roi entra à l’improviste dans sa chambre, et le trouva à genoux devant le portrait. Il le regarda, l’admira et demanda :

— Qui est la personne qui ressemble à cette peinture ?

— C’est ma sœur, sire, répondit Yves.

— Votre sœur ?... Elle est bien jolie !... Mais, je veux voir si réellement elle ressemble à ce portrait ; retournez sur-le-champ dans votre pays, et amenez-moi-la.

Il part aussitôt.

— Ah ! pour le coup, frère chéri, tu viens pour rester avec moi ? lui dit Yvonne en lui sautant au cou pour l’embrasser.

— Non, sœur chérie, lui répondit-il, mais, je viens te chercher, pour t’amener avec moi à la cour.