Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/387

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c’était un ange, venu du paradis, et il n’osa bouger ; mais, il observa et écouta.

Yvonne frictionna encore le corps de son frère, avec l’eau de vie, et l’arrosa et le réchauffa sous ses baisers et ses larmes, tant et si bien qu’il remua un peu. La Sirène tira encore sur sa chaîne, avant le point du jour, et elle dut obéir et redescendre au fond de la mer. Mais, en partant elle dit :

— Je reviendrai encore, la nuit prochaine, pour la dernière fois.

Le vieux rémouleur avait tout entendu et tout vu, grâce à la lumière dont la présence d’Yvonne éclairait la chapelle. Il alla frapper à la porte du palais et demanda à parler au roi.

— Le roi ne reçoit pas tout le monde ainsi, lui dit le portier.

— J’ai une nouvelle importante à lui apprendre, et qui lui fera plaisir.

— Dites-moi ce que c’est ?

— Non, je veux lui parler en personne.

Il insista tant, qu’il fut introduit devant le roi, et lui parla de la sorte :

— Vous croyez, sire, que vous avez épousé la sœur de votre favori, le prince Gilot.

— Comment, et ce n’est pas vrai ? demanda vivement le roi,

— Non, sire, c’est la fîile de sa nourrice que