Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/389

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éclaire comme une lampe ; j’ai entendu les paroles qu’elle a prononcées, en frictionnant le corps de son frère et en l’arrosant de ses larmes.

— Et comment pourrait-on la délivrer et l’arracher à la Sirène ?

— Voici, sire : confiez-moi douze soldats vigoureux et armés de bonnes haches. Je les conduirai à la chapelle, nous nous y cacherons, et, quand Yvonne, après avoir fini de ramener la vie dans le corps de son frère, se disposera à se retirer, à l’appel de la Sirène, à un signal que je donnerai, les soldats déchargeront chacun un vigoureux coup de hache sur la chaîne, la briseront en douze morceaux, et la jeune fille se trouvera libre, et je vous la ramènerai, avec son frère.

Le roi confia les douze soldats au vieux rémouleur, et ils se rendirent à la chapelle ruinée, au milieu du bois, armés de leurs bonnes haches.

A minuit, Yvonne arriva. Elle finit de ramener la vie dans le corps de son frère, qui se leva, bien portant et vigoureux, comme si rien ne lui était arrivé. Comme ils se faisaient les adieux les plus tendres, car le jour approchait, la Sirène tira sur la chaîne et Yvonne s’écria :

— Ah ! mon frère chéri, il faut donc te quitter, et sans doute pour jamais !...

Le rémouleur cria :

— Ferme, mes amis !