Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/393

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Remets-moi dans l’eau, te dis-je, et tu ne t’en repentiras pas.

— Que me donnerez-vous, en retour de ce service ?

— Je te ferai prendre, tous les jours, autant de poissons que tu voudras.

— Si cela est vrai, je veux bien vous remettre dans la mer ; mais, je voudrais en être bien sûr, auparavant.

— Eh bien ! jette tes filets à l’eau. Ab-Grall jeta ses filets à l’eau, et les en retira remplis des plus beaux poissons. Il les jeta deux, trois fois, et, à chaque fois, il les retirait pleins à rompre.

— A la bonne heure ! s’écria-t-il alors, tout joyeux et content, voilà le charme rompu ! Ce soir, Guyona ne me grondera pas, quand je rentrerai. Merci bien. Madame la Sirène ; je vais vais vous remettre, à l’instant, dans la mer.

Et il l’y remit, en effet. Alors la Sirène, se tenant jusqu’à la ceinture au-dessus de l’eau, lui dit encore :

— Quand tu rentreras chez toi, tu trouveras ta famille augmentée ; ta femme vient d’accoucher d’un beau garçon. Tu m’apporteras l’enfant, ici, afin que je lui donne un baiser.

— Ah ! bien oui, pour que vous me l’enleviez, ou lui jetiez quelque mauvais sort !