Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/394

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— Apporte-moi-le, te dis-je, et tu n’auras pas lieu de t’en repentir.

Le pêcheur promit, et il se dirigea alors vers sa chaumière, en chantant, à haute voix, si bien que sa femme, l’entendant de son lit, dit à ses enfants :

— Voilà votre père qui revient : il faut que, contre son ordinaire, il ait fait bonne pêche, pour chanter de la sorte. Allez voir, mes enfants.

Et les enfants coururent au bord de la mer, et en voyant la barque de leur père pleine jusqu’aux bords, ils poussèrent des cris joyeux. Puis, ils revinrent à la chaumière, chargés de poissons et en criant :

— Voyez, mère ! voyez les beaux poissons ! La barque en est toute pleine !

Leur père les suivait, chargé comme eux, et riant de bonheur, ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Il embrassa sa femme et son fils nouveau-né, et s’écria :

— Enfin, le charme est rompu ! et je prendrai désormais autant de poissons que je voudrai !

— Pourquoi donc cela, Ewen ? lui demanda Guyona, tout étonnée.

— Parce que la Sirène me l’a promis, femme.

— La Sirène ? Qu’est-ce que tu dis donc ?

— Oui ; j’ai pris une Sirène dans mes filets et