Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/398

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nuit, il ne rêva que de la Sirène et de ses pièces d’or, qu’il croyait entendre tomber par la cheminée. Le lendemain matin, en se levant, il se hâta d’aller voir si la promesse de la Sirène s’était réalisée. Mais, hélas ! la pièce d’or qu’il avait déposée la veille sur la pierre du foyer y était toujours, seule. Cependant, le soleil n’était pas encore levé. Dès qu’il commença de paraître à l’horizon, il entendit dans sa cheminée un bruit qui le fit tressaillir de joie. C’étaient les pièces qui commençaient de tomber, juste au moment annoncé, et cette pluie d’or ne cessa qu’au coucher du soleil. Jugez du bonheur des deux époux ! A mesure que la pierre du foyer se couvrait d’or, Ab-Grall et ses enfants et sa femme (car Guyona n’avait pu rester dans son lit, tant elle était transportée de joie) rangeaient les pièces par piles, dans leur armoire, puis sur la table, puis ils les jetèrent par poignées et les entassèrent sur l’aire de la chaumière, qui en était presque toute pleine, quand le soleil disparut dans la mer. Alors, se tut le joyeux carillon que faisaient les pièces d’or en tombant sur la pierre. Le pêcheur et sa femme et ses enfants étaient si fatigués, qu’ils se couchèrent sans manger. Le lendemain matin, craignant que leur bonne fortune de la veille ne fût qu’une illusion, leur premier soin, en se levant, fut de s’assurer, par la vue et par le toucher, que