Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/397

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— Ah ! je l’ai échappé belle ! La Sirène, pour prix des dons qu’elle m’a faits, a voulu enlever notre enfant ; mais, je me suis jeté dans la mer, et je l’ai arraché de ses bras. Le voici, le cher petit, et j’espère bien que la Sirène ne le reverra plus jamais, quoi qu’elle en dise.

Guyona prit l’enfant dans son lit, et le cacha dans son sein, en le couvrant de baisers.

— Il y a autre chose, femme, dit Ab-Grall, quand il eut repris haleine.

— Qu’y a-t-il donc, Ewen ?

— Voici une pièce d’or, que m’a donnée la Sirène, et si ce qu’elle m’a dit en me la donnant est vrai, nous serons, sans tarder, les plus riches de tout le pays.

— Que t’a donc dit la Sirène, mon homme ?

— Elle m’a dit que, si je déposais cette pièce d’or sur la pierre de notre foyer, demain, depuis le lever jusqu’au coucher du soleil, des pièces semblables ne cesseraient de tomber, par la cheminée, dans notre chaumière.

— Je ne crois pas beaucoup à tant de bonheur, répondit Guyona ; il faut pourtant déposer la pièce d’or sur la pierre du foyer, comme te l’a recommandé la Sirène, pour voir... Dieu seul sait ce qui peut arriver.

Et Ab-Grall déposa la pièce d’or sur la pierre du foyer, avant de se coucher, et, durant toute la