Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/405

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dans le bois et donna son cheval à tenir à son domestique, en lui disant de l’attendre un peu. Quand il fut à couvert derrière un buisson, il dit, ou pensa seulement :

— Je voudrais être changé en loup !

Et aussitôt le voilà devenu loup. Il sortit alors du bois, bondit sur le chemin et s’avança vers le domestique, en lui montrant les dents. Celui-ci se mit à appeler son maître, en criant :

— Maître ! maître ! accourez, vite ! Il y a ici un grand loup, qui va me dévorer !

Mais, comme il ne venait pas, il partit au grand galop de son cheval, abandonnant celui de son maître. Le loup le poursuivit, quelque temps, puis il le laissa aller, et il n’eut qu’à penser :

— Je voudrais redevenir homme !

Et aussitôt il fut rendu à sa forme première. Il attendit quelque temps son domestique, pensant qu’il reviendrait ; mais, comme il ne revenait pas, il s’ennuya d’attendre et dit :

— Au diable, un peureux pareil ! et il remonta sur son cheval et partit.

Il arriva alors sur le bord d’un grand étang, qui était couvert d’oies. Il ne vit ni chaussée, ni bateau pour passer. Le voilà bien embarrassé, car il ne savait pas nager, quoique né au bord de la mer ; son père et sa mère lui avaient toujours défendu d’en approcher. Comment faire ? Il se