Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/404

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sans lui, nous n’aurions jamais pu nous entendre. Fais-lui donc quelque petit présent.

— Je veux le manger ! répéta le loup.

— Voyons, loup, soyez donc plus raisonnable que cela, lui dit, à son tour, le bourdon.

— Eh bien ! dit alors le loup, d’assez mauvaise grâce, et sans cesser de manger, je lui accorde la faculté de se changer en loup, quand il le voudra.

— A la bonne heure ! dirent les deux autres.

— Moi, dit alors l’épervier, je lui accorde aussi la faculté de pouvoir se changer en épervier, quand il le voudra.

— Et moi, dit le bourdon, je lui dis que, quand il aura besoin de mon aide, il n’aura qu’à m’appeler, et je ne me ferai pas attendre. Il reconnaîtra, plus tard, que, quoique petit, je puis aussi lui être utile [1].

— Merci bien, bonnes bêtes, leur dit Fanch, et il rejoignit son domestique, et ne lui dit rien de ce qui venait de se passer. Ils continuèrent leur route. Tôt après, comme ils passaient auprès d’un bois, Franch, pressé de vérifier si les trois animaux ne s’étaient pas moqués de lui, entra

  1. Cet épisode des animaux reconnaissants se rencontre fréquemment, et nos conteurs populaires en abusent volontiers, comme de celui de la princesse que l’on conduit à un serpent à sept têtes, et quelques autres.