Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/415

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— Lève-toi, vite, et je te le ferai voir. Fanch se leva, descendit dans la cuisine, puis, quand il eut déjeûné, la vieille lui dit :

— Voici l’épreuve d’aujourd’hui : nous sommes trois sœurs, dans ce château, et tu nous a vues toutes les trois. Je vais entrer avec mes sœurs dans une chambre, où ne pénètre aucun rayon de lumière, et, dans l’obscurité la plus complète, il faut que tu dises laquelle de nous trois est la plus jeune et la plus jolie. Si tu te trompes, il n’y a que la mort pour toi ; mais, si tu réussis, tes épreuves seront terminées, le charme sera rompu, et tu pourras épouser celle que tu préféreras de nous trois, car nous sommes de belles princesses, filles du roi d’Espagne, et retenues enchantées dans ce château par un méchant magicien.

Ayant dit ces paroles, la vieille introduisit Fanch dans une chambre où l’obscurité était complète, et y entra elle-même. Les deux autres vieilles y étaient déjà. Voilà encore notre homme bien embarrassé ! Comment dire laquelle de ces trois sorcières était la plus jeune et la plus jolie, même eu plein jour ? Elles étaient toutes horriblement laides, et paraissaient avoir à elles trois un millier d’années ! Fanch pensa alors :

— Qui pourrais-je bien appeler à mon secours, cette fois ? Il n’y a que l’épervier et le bourdon que je n’ai pas encore appelés. L’épervier ne peut