Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/418

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hôtel de la ville, qui se trouvait vis-à-vis du palais du roi.

Tous les jours, de la fenêtre de sa chambre, il voyait une jeune princesse, d’une grande beauté, à une des fenêtres du palais. C’était la fille unique du roi. Les deux jeunes gens passaient des heures entières à se regarder l’un l’autre.

— Quelle belle princesse ! se disait Fanch ; si je pouvais lui parler seulement ! L’épervier, il m’en souvient, m’a dit qu’il m’accordait la faculté de me changer en épervier, à mon souhait ; je pourrais, de cette façon, me transporter auprès de la princesse, puis redevenir homme... Jusqu’à présent, je n’ai pas encore eu recours à lui : voyons donc s’il tiendra sa parole, comme les autres animaux, dont je n’ai eu qu’à me louer. Je voudrais être épervier !

A peine eut-il prononcé ces derniers mots, qu’il fut changé en épervier, et il alla voltiger autour de la fenêtre où se trouvait la princesse.

— Oh ! le bel oiseau ! s’écria celle-ci. Et, appelant sa fille de chambre :

— Venez ! venez ! Essayons de le prendre ! L’épervier ne se laissa pas prendre, ce jour-là, et il s’envola, après avoir quelque temps voltigé autour de la princesse, effleurant ses joues, du bout de ses ailes. Mais, le lendemain, comme la princesse était à sa fenêtre, il vint encore, et se