Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/51

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Et aussitôt tout se mit en mouvenient ; les branches et les troncs se convertissaient d’eux-mêmes en cuillères, et une montagne de cuillères s’éleva bientôt jusqu’au ciel.

Au coucher du soleil, la magicienne revint, et, voyant tout son bois converti en cuillères, elle s’écria, en écumant de fureur :

— Ah ! malheur ! malheur !... Un si beau bois mis en cuillères !... Et que ferai-je de cette montagne de cuillères ?

— Je n’ai fait que vous obéir, lui répondit Arzur ; vous m’aviez demandé des cuillères, et j’espère que vous en avez là pour toute votre vie,

— Tu n’as pas fait tout ceci toi-même, et seul ; il faut que tu aies été aidé ; mais, n’importe, demain, je te donnerai un autre travail, et nous verrons bien si tu t’en tireras aussi facilement.

Et ils revinrent au château, la vieille de mauvaise humeur, grommelant et méditant une revanche.

Le lendemain matin, elle dit à Arzur :

— Nous devons nous absenter, pendant quelques jours, mon mari et moi, pour aller voir un de nos amis. Azénor viendra aussi avec nous ; mais, comme il nous faut traverser un bras de mer, et que nous n’avons pas d’embarcation, tu nous construiras au-dessus de l’eau un pont de