Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/52

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plumes, sur lequel nous passerons en voiture. Et malheur à toi, si le pont n’est pas fait à temps, car autrement il n’y a que la mort pour toi.

— C’est bien, ce sera fait, répondit Arzur, tranquillement, quoiqu’il ne fût pas très rassuré.

Et il se rendit auprès de sa sœur et lui fit connaître la nouvelle épreuve qu’on lui imposait.

— Voici ce qu’il faudra faire, lui dit Azénor, écoute bien : Je me dirai malade, pour ne pas les accompagner et rester à la maison avec toi. Tu les accompagneras jusqu’à la mer, pour leur construire le pont sur lequel ils devront passer. Tu n’auras qu’à frapper l’eau de ta baguette, en disant : — Par la vertu de ma baguette, qu’il s’élève ici un pont de plumes, pour traverser la mer en voiture. Aussitôt, le pont paraîtra. La magicienne, étonnée, t’invitera alors à monter dans la voiture et à les accompagner ; mais, garde-t’en bien, et retourne vite au château, dès qu’ils se seront engagés sur le pont, puis nous aviserons aux moyens de nous enfuir d’ici.

Le lendemain matin, quand il fut question de partir, Azénor resta au lit et se dit bien malade. La magicienne s’en montra très contrariée. Elle partit néanmoins, avec son mari et Arzur. Quand ils furent au bord de la mer :

— Allons ! dit la magicienne à Arzur, il nous