Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/60

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s’arrêta à les écouter, la bouche béante, immobile comme une statue, et oublia complètement les recommandations de sa femme. Au coucher du soleil, il dit enfin :

— Voilà le soleil qui se couche ; il est temps de rentrer.

Et il s’en retourna.

En le voyant revenir encore, seul, la magicienne s’écria :

— Comment, vous revenez encore seul ?

— Oui ; je ne les ai pas vus, répondit-il, tout confus.

— Qu’avez-vous vu d’extraordinaire ?

— Je n’ai rien vu d’extraordinaire, si ce n’est pourtant deux beaux arbres, au feuillage d’or et d’argent, et sur les branches, étaient deux charmants petits oiseaux, qui chantaient si mélodieusement, que je n’ai jamais rien entendu de si beau.

— Et vous avez perdu votre temps à les écouter et vous avez oublié tout ce que je vous avais dit ?

— Ma foi, oui ; je ne m’en suis plus souvenu.

— Eh ! c’étaient eux, ces deux oiseaux !... Je vous l’avais dit... Décidément, vous êtes un triste magicien, et je ne puis plus rien attendre de bon de vous. Je vais partir moi-même à leur poursuite ; et je saurai bien les atteindre et les rame-