Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/76

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— Où donc suis-je ici ? se demanda-t-il, avec inquiétude ; il faut que je me tienne sur mes gardes.

Une troisième chambre était remplie de pièces de toile fine ; une quatrième contenait des jouets et des instruments de musique de toute sorte.

Tous les jours, après avoir promené la jument, joué un peu aux quilles, avec ses quilles d’argent et d’or, et écouté le chant du merle d’argent, il allait se promener par les salles et les chambres et, chaque fois, en passant devant la porte de la chambre défendue, il se disait :

— Que peut-il donc y avoir là-dedans ?

Et il était tenté de l’ouvrir. Il l’ouvrit enfin, au bout de huit jours, et vit avec étonnement un cheval, si maigre, si maigre, qu’à peine pouvait-il se tenir sur ses jambes, et dans le râtelier, devant lui, il y avait un fagot d’épines, et derrière était une botte de trèfle frais.

— La pauvre bête ! ne put-il s’empêcher de s’écrier ; je vais mettre la botte de trèfle à la place du fagot d’épines.

Et il prit la botte de trèfle, la mit dans le râtelier, et jeta le fagot d’épines dans un coin.

Le cheval, prenant alors la parole, comme un homme, lui dit :

— Merci, Péronic ! Je ne mange pas de cette nourriture, mais bien de celle dont tu manges