Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/77

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toi-même. Tu ne sais pas où tu es, malheureux ! La princesse qui t’a amené ici est la reine des magiciennes. Il y a longtemps qu’elle me retient enchanté sous cette forme, et toi-même, si tu n’y prends garde, tu ne seras pas traité autrement que moi et une foule d’autres personnes de différentes conditions qu’elle a métamorphosées sous les formes les plus diverses. Tout espoir n’est pourtant pas perdu, et, si tu veux faire de point en point ce que je te dirai, nous pourrons sortir encore d’ici, sous notre forme naturelle, nous et les autres,

— Je ne demande pas mieux, répondit Péronic ; dites-moi, vite, ce qu’il faut faire.

— Eh bien ! hâtons-nous, alors, car la magicienne sait déjà que tu as ouvert la chambre défendue, et elle ne tardera pas à arriver. Va vite à la chambre au linge, et prends-y un linceul de trois aunes de long ; puis, tu passeras par la chambre où tu as vu des tas d’argent et d’or et de pierres précieuses ; tu en rapporteras le plus que tu pourras. Tu n’oublieras pas les quilles et les boules d’argent et d’or, et tu chargeras le tout sur mon dos. Quant au merle d’argent, tu l’emporteras dans ta poche. Puis, tu muselleras un grande doguesse, qui est dans sa niche, près de la porte (elle dort, à présent), et tu reviendras ensuite me rejoindre. Va, et dépêche-toi.